Vengeance mesquine
vendredi 17 juillet 2009 par Somanos Sar
Cependant, il y avait vraiment des jours où, malgré son absence, Thmeng Chey brillait par son impertinence. Ses expressions espiègles tourmentaient le monarque à chaque fois qu’elles revenaient à sa mémoire. Et puis, un jour, il était si agacé par ces souvenirs déplaisants qu’il se sentit submergé par un irrésistible désir de revanche. Après tout, il était le roi. Et s’il devait y avoir quelqu’un au-dessus de tous, c’était bien lui, détenteur de tous les droits et de tous les pouvoirs.
Alors, tout bien réfléchi, il n’y avait pas besoin de prétexte ni de complot pour faire subir à Thmeng Chey l’humiliation suprême. L’idée était d’autant plus séduisante et réjouissante que c’était ses femmes qui allaient former le corps expéditionnaire.
Tout heureux, il sortit de la salle du trône et alla retrouver ses concubines dans le jardin. Elles se montrèrent ravies en écoutant le monarque exposer son plan.
Le lendemain matin, alors que le soleil venait de poindre à l’horizon, elles débarquèrent chez le garçon et lui montrèrent le décret du roi. L’intéressé le saisit et lut :
« Par tous les pouvoirs devins dont je suis le dépositaire, j’ordonne à Thmeng Chey de laisser champ libre à mes femmes afin qu’elles puissent déféquer où bon leur semble, dans sa maison. »
- Soit, puisque c’est un ordre de sa majesté, faites-le donc, fit l’enfant avec un sourire malin qui ne rassurait guère les épouses.
- Tu es sûr que tu ne vas pas nous faire des sales coups encore ? demanda l’une d’elles.
- Si vous exécutez scrupuleusement ce qui est écrit dans le décret, je n’aurai rien à dire… rassura l’enfant en allant chercher un fouet à l’étable.
Sur cette déclaration, elles se mirent aussitôt à l’œuvre, chacune dans un coin du rez-de-chaussée ouvert, tandis que Chey fit les cent pas autour d’elles afin de veiller à la stricte application de l’ordonnance royale.
Les-unes après les-autres, elles relevèrent chacune leur jupe et baissèrent leur culotte, avec une expression de jouissance vengeresse sur leur visage. Mais le bonheur était trop bref, car le premier coup de fouet tomba déjà sec sur la première paire de fesses. Puis un deuxième, puis un troisième, etc.
Prises de panique, les concubines détalèrent sans demander leur reste. Evidemment, l’incident fut rapporté aussitôt au roi, après avoir été déformé et amplifié. Cette fois-ci, Thmeng Chey avait dépassé les bornes. Un escadron de gardes fut donc envoyé pour l’arrêter sur-le-champ. On l’emmena sans ménagement devant le trône.
- Comment oses-tu contredire mon décret ? tonna le roi.
- Mais, mon Seigneur, loin de moi une pareille désobéissance ! Certes, l’arrêté royal autorisait vos épouses à venir déféquer chez moi. Mais il ne leur a pas donné le droit d’y uriner et encore moins d’y lâcher du gaz de flatulences ! Or, c’est ce qu’elles ont fait, avant même de déposer le moindre excrément. Mon Seigneur comprendra que je me suis alors réservé le droit de protéger ma demeure, en garçon digne et honnête, en dehors de vos pouvoirs divins.
(c) Somanos Sar, tous droits réservés.
Somanos Sar
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